Pour être honnête, quand on entend parler de BDSM pour la première fois, on imagine souvent du cuir, des cordes et une certaine confusion : « Ça a l’air excitant, mais je n’ai aucune idée de ce que c’est vraiment.»
Ce qui rend le BDSM si fascinant, ce ne sont pas les accessoires, mais plutôt la dynamique de pouvoir entre les personnages :
Qui domine ? Qui cède le contrôle ? Qui peut passer d’un rôle à l’autre ?
En comprenant ces personnages, vous réaliserez soudain que le BDSM n’est pas une simple « façon de jouer », mais une manière de communiquer plus authentique, directe et profonde.

Les trois rôles BDSM les plus courants : Dom, Sub et Switch
1) Dom : Non pas un « commandant », mais un concepteur de l’expérience.
Dans la vie, j’ai rencontré beaucoup de personnes qui pensent qu’un Dom est « une personne responsable qui me fait obéir ».
Mais un vrai Dom est plutôt comme un réalisateur : quelqu’un qui sait exactement ce qu’il veut filmer et comment amener les acteurs à entrer dans leur rôle.
Un bon Dom :
- Construira la scène
- Ajustera le rythme
- Percevra les réactions de l’autre personne
- Maintiendra sa constance et son contrôle tout au long de l’expérience
Ce ne sont pas des « patrons » autoritaires, mais des personnes responsables de la création d’expériences et qui veillent à ce que l’ensemble du processus soit à la fois sûr et excitant.
2) Sub : Non pas passif, mais choisissant activement de faire confiance.
Beaucoup de gens pensent qu’être Sub signifie « obéir à tout ».
Mais la vérité est tout autre.
Un Sub mature est quelqu’un qui « choisit activement de lâcher prise », tout comme un acteur est prêt à s’immerger pleinement dans les émotions et les actions orchestrées par le metteur en scène.
Ils transmettent une multitude d’informations à Dom par leurs réactions, leur respiration, leur langage corporel et leur regard, rendant la scène réaliste, chaleureuse et interactive.
3) Switch : Une personne capable de prendre les devants et de lâcher prise.
On confond souvent Switch avec quelqu’un « sans préférences ».
Pourtant, leur essence réside dans une parfaite connaissance de leurs besoins et de leurs états selon les situations.
Parfois, ils peuvent imposer leur rythme ;
parfois, ils choisissent de se laisser porter par l’instant.
Ils ne sont pas contradictoires, mais matures.
Pour être un bon Switch, il est essentiel de comprendre la psychologie des deux partenaires dans un échange de pouvoir.
Pour le Switch, la domination et la soumission ne sont pas des identités, mais des modes de connexion.

Qu’est-ce qu’un Rigger ? Le véritable rôle d’un « artiste de la corde »
Si vous avez déjà vu des œuvres de bondage à la corde, vous savez que leur beauté ne se résume pas à quelques nœuds.
Le rôle du Rigger comprend :
- Concevoir le style de bondage
- Contrôler la tension de la corde
- Modifier le corps dans des poses spécifiques
- Prendre soin des réactions physiques et de l’état émotionnel de l’autre personne
Leur travail est bien plus complexe que de simplement « attacher » quelqu’un.
Le bondage à la corde est une technique, et toute technique requiert :
- Communication
- Connaissance des règles de sécurité
- Limites clairement définies
- Un mécanisme permettant d’arrêter la séance à tout moment (comme un mot de sécurité)
Les personnes attachées sont souvent appelées « lapin de corde », mais quel que soit le terme employé, elles doivent connaître leurs limites et maintenir une communication claire tout au long du processus.
Dans les situations que j’ai rencontrées, les Riggers capables de détendre et même d’apaiser les personnes grâce à leurs cordes sont généralement très doux et délicats.

Insolent(e) : Le/La soumis(e) crée de la tension par la « provocation »
L’Insolent(e) est un personnage fascinant.
C’est un(e) soumis(e), mais pas au sens conventionnel du terme.
Il/Elle peut être espiègle, tester les autres, répondre…
Mais ce n’était pas de la rébellion ; c’était une invitation.
Le sous-texte de l’Insolent(e) est généralement :
« Je suis prêt(e) à te suivre, mais je veux être sûr(e) que tu peux vraiment me guider.»
La dynamique de l’Insolent(e) est souvent empreinte de légèreté :
- Le/La soumis(e) résiste (légèrement)
- Le/La dominant(e) attire
Ce jeu de pouvoir n’est pas un conflit, mais plutôt leur mode d’interaction.
Les limites ont été subtilement effleurées et réaffirmées à maintes reprises, ce qui a permis à chacun de s’impliquer plus profondément.
Switch : La personne qui comprend le mieux l’échange de pouvoir
L’attrait d’un(e) Switch réside dans sa capacité à passer naturellement du contrôle à la soumission.
Ils sont souvent :
- Très empathiques
- Dotés d’une grande capacité à cerner les autres
- Experts à comprendre les besoins psychologiques de leur partenaire dans les dynamiques de pouvoir.
- Ils savent également bien exprimer leurs limites et leurs réactions.
Pour les personnes Switch, la domination et la soumission ne sont pas des opposés, mais des énergies différentes au sein d’une même relation.
L’après-midi, ils peuvent prendre les devants avec assurance ; le soir, ils peuvent choisir de se laisser aller complètement et d’être réconfortés.
Ce n’est pas une contradiction, mais un flux.

Dans le BDSM, un rôle n’est pas une identité, mais un moyen de communication.
En réalité, personne ne peut se limiter à un seul rôle :
- Devant A, être Dom
- Devant B, être Sub
- Révéler un côté Brat avec certaines personnes
- Devenir Switch naturellement avec les personnes de confiance
Tout cela est normal.
Ce qui est vraiment fixe, ce n’est pas le rôle, mais quatre éléments :
- La communication était-elle claire ?
- La confiance est-elle solide ?
- Les limites sont-elles respectées ?
- Les deux partenaires sont-ils disposés à exprimer honnêtement leurs besoins ?
Un rôle est simplement une forme de langage.
C’est une façon de gérer le pouvoir qui aide deux personnes à trouver un terrain d’entente, un rythme et une dynamique mutuellement confortable.
Finalement, peu importe qui prend l’initiative, qui lâche prise ou qui change de rôle, le plus important est toujours :
Nous créons cette expérience ensemble.